Le plus grand transfert d’argent invisible en France ne vient pas des impôts. Il vient des sinistres.

Chaque année en France, des millions d’assurés acceptent une indemnisation inférieure à ce qu’ils auraient pu légalement obtenir après un sinistre. C’est la sous-indemnisation des sinistres. 

Ils ne sont ni escroqués, ni trompés.
Ils sont désinformés, déséquilibrés, et surtout silencieux.

Ce que personne ne mesure — parce que personne n’a intérêt à le mesurer — ce sont les milliards d’euros qui ne sont jamais réclamés après un dégât des eaux, un incendie, une fissure ou un sinistre habitation.


Un chiffre qui n’existe dans aucun rapport public

Il n’existe aucune statistique officielle sur :

  • l’écart entre la première offre d’indemnisation et le préjudice réel,

  • les montants abandonnés faute de contestation,

  • les postes jamais chiffrés parce que l’assuré ignorait leur existence.

Ce trou statistique n’est pas anodin.
Il est le cœur du problème.


Une procédure financière sans véritable contradictoire

Dans la majorité des sinistres habitation :

  • une seule expertise est réalisée,

  • par un expert mandaté par un seul acteur,

  • face à un particulier sans compétence technique.

Dans n’importe quel autre domaine financier, cette configuration serait jugée déséquilibrée.

Dans l’assurance, elle est devenue la norme.


Le mécanisme est légal. Son effet est massif.

Il n’y a pas besoin de fraude pour produire un système injuste.
Il suffit de trois éléments :

  1. Une procédure techniquement complexe

  2. Une information asymétrique

  3. Une urgence émotionnelle chez l’assuré

Résultat :

  • l’offre devient la référence,

  • la signature devient une renonciation,

  • l’argent reste là où il est.


Pourquoi les assurés acceptent (et se taisent)

Après un sinistre, les assurés veulent :

  • réparer vite,

  • retrouver une vie normale,

  • mettre fin au stress.

Ils ignorent souvent que :

  • la vétusté est discutable,

  • les surfaces sont contestables,

  • les méthodes de calcul ne sont pas opposables par défaut.

Ils confondent procédure et fatalité.


Une vérité rarement formulée clairement

L’expert mandaté par l’assurance n’est pas l’expert de l’assuré.

Il n’est pas là pour défendre un droit.
Il est là pour appliquer un cadre contractuel.

Tant que ce cadre n’est pas contesté,
il devient la vérité officielle.


L’argent perdu n’apparaît nulle part

Un refus laisse une trace.
Une contestation laisse une trace.

Mais une indemnisation acceptée trop vite ?
Aucune.

C’est un argent :

  • non réclamé,

  • non comptabilisé,

  • non débattu.

Un argent invisible, mais parfaitement réel.


Quand l’équilibre est rétabli, les chiffres changent

Lorsqu’un assuré est assisté :

  • des postes réapparaissent,

  • les montants évoluent,

  • les écarts deviennent visibles.

Ce n’est pas une opinion.
C’est une constatation de terrain, dossier après dossier.


La vraie question

La vraie question n’est pas :
« Les assurances indemnisent-elles correctement ? »

La vraie question est :
« Combien d’argent les assurés abandonnent-ils faute de savoir qu’ils pouvaient dire non ? »

Et surtout :
Pourquoi personne ne mesure cela publiquement ?


Accepter une indemnisation n’est pas toujours un accord.
C’est parfois une reddition administrative.